Pour voir Degas autrement …

Voir Degas autrement … pour les fous de dessins

Le musée d’Orsay propose un véritable dialogue entre les œuvres d’Edgar Degas etl’ouvrage de l’écrivain et philosophe Paul Valéry « Degas Danse Dessin ».
Le jeune Paul Valéry n’a que 25 ans quand il se met en tête de tracer la vie du maitre qu’est Degas.

La première salle nous immerge dans cette amitié réelle entre les deux hommes malgré leur grande différence d’âge. Des portraits des 2 amis, de leur entourage comme Mallarmé, Renoir, … Mais aussi leurs échanges de courriers et les nombreuses pages des cahiers tenus au quotidien par Paul Valéry en vue de l’écriture de ce livre qui finalement ne paraitra que vers les années 1930, 20 ans après la mort de Degas.
Le fil conducteur de cette exposition sera donc Degas d’après le livre « DDD » de Paul Valéry. Les murs de la salle suivante nous enveloppent de dessins. Là, on commence à comprendre qu’onverra autre chose que des peintures.

Comment travaille Degas :

Degas se promène inlassablement dans Paris. Il scrute la vie autour de lui. Il observe l’attitude des repasseuses à la blanchisserie, les chevaux et leur cavalier à l’hippodrome et bien sûr, les danseurs à l’Opéra.

Puis il rentre à son atelier et entre dans une phase de préparation minutieuse.

Il sculpte, il dessine, dessine multitude de croquis nécessaires à la réalisation de son œuvre. « Degas, fou de dessin » est exprimé dans cette exposition par la présentation de ces nombreux travaux préparatoires. On ressent la ténacité du peintre à accumuler les croquis et fragmenter les corps pour en comprendre la logique ! Chaque peinture sera le résultat d’une longue gestation.

Il dit : « Le dessin n’est pas ce que l’on voit, c’est ce qu’il faut faire voir aux autres »

Son trip est de donner l’illusion du mouvement. Il veut dessiner la vie, nous faire vivre les attitudes caractéristiques des métiers, comme la fatigue et l’abrutissement des repasseuses, le travail besogneux des danseuses, l’élégance des muscles des chevaux,…

Degas s’impose et aime la dure discipline du travail, ce qu’il retrouve dans l’art de la danse.

L’opéra Garnier est une source d’inspiration intarissable pour Degas, ce qui lui aura valu d’être catalogué « Peintre des danseuses ». Aujourd’hui, on est émerveillé de tous ses tableaux qui nous amènent dans les coulisses de l’Opéra avec tant de précision.

On ressent que ça tire, que ça fait mal dans « Danseuses à la barre » ou deux petits rats font des exercices jambe tendue, torse en torsion.

« Danseuse assise se massant le pied» nous communique la dure discipline du travail, l’effort, la solitude de recommencer chaque jour les exercices.

ARRET SUR UNE OEUVRE

Toute l’atmosphère de travail est transcrite dans « La classe de danse ». La jeune danseuse qui s’exécute, le professeur qui corrige, les autres qui s’étirent, se grattent le dos…

Je vous invite à explorer chaque dessin réalisé pour ce tableau et particulièrement, « Danseuse se grattant le dos ».

Tous ces dessins découverts dans son atelier après sa mort sont d’une précision extrême et méritent « leur encadrement » !!!

La petite danseuse dans sa vitrine de verre qui a fait tant scandale lors de l’exposition de 1881, vous y attend.

Deux bonnes raisons d’aller à cette exposition :

Voir Degas autrement dans cette courte exposition et compléter par les expositions permanentes de ce lieu type Eiffel qu’est le musée d’Orsay.

Retrouvez l’exposition Degas Danse Dessin au musée d’Orsay jusqu’au 25 février 2018

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