Quand Saint Maximin construit Paris

Outre le Louvre, les Invalides et bien d’autres constructions parisiennes, La Salpetrière fait partie des bâtiments construit avec les pierres blondes des carrières de Saint Maximin.

Dans le 13ème arrondissement, ce lieu n’a pas toujours été l’hôpital connu d’aujourd’hui.

Sous Louis XIII, cette campagne riche en salpêtre a d’abord été une fabrique de poudre à canon d’où le nom de la Salpetrière.

En 1656, cette zone étant au-delà de la muraille de Philippe Auguste, Louis XIV décide de la transformation de ce lieu en un « hôpital général » destiné aux filles publiques ramassées par les archers (la police de l’époque) et aux femmes pauvres, invalides, folles.

C’est plus une prison qu’un hôpital.

Sans entrer dans les bâtiments, tous aujourd’hui sont des lieux de soins, on peut se balader dans les jardins en entrant sur le site historique par le numéro 47 du boulevard de l’hôpital. On trouve les premières constructions : le bâtiment Mazarin et l’église Saint Louis.

L’église baroque vaut le détour. Vous pourrez remarquer une particularité des bancs qui sont réversibles par leur dossier. On peut invariablement être face ou dos à l’orgue selon qu’on écoute la musique ou la messe.

Cherchez dans une des chapelles, des traces des détenues de l’époque découvertes lors de la restauration récente. Une fresque tout en noir représente des têtes de morts et des larmes en nombre important. Assez glacial.

En contournant l’église, on trouve le bâtiment de la Force, lieu de détention des femmes débauchées, libertines, criminelles, voleuses.

On notera les petites maisons des archers dans la rue du même nom, souvent mises en scène dans les films.

En s’enfonçant encore dans le parc, on arrive dans la partie où étaient rassemblées les folles. Structure en carré de façon à cantonner les femmes, il reste aujourd’hui un seul bâtiment, allée des étoffes. Alignement de loges toutes en rez-de-chaussée, qui aujourd’hui, semblent être des bureaux agréables !!!

Là, s’arrête hélas l’utilisation de la belle pierre de l’Oise. Seconde moitié du XXème siècle, on remplit les vides du parc de façon anarchique par des constructions toutes plus laides les unes que les autres.

De l’autre côté du mur, j’ai rejoint la Pitié par la porte de la place du marché après le parc de la hauteur en empruntant la rue de l’infirmerie générale. La Pitié a été inaugurée par Raymond Poincaré en 1913. Construction « Art nouveau » en assez bon état extérieur et dont certains bâtiments comme Husson-Mourier ont été récemment restaurés avec gout.

Ce site de 33 hectares totalement dédié à la santé est surprenant. Je distinguerai 3 zones, une partie royale encore bien conservée où l’on ressent le poids de l’histoire. Une 2ème partie indéfinissable mélangeant constructions de 1660 et 1960, ces derniers aujourd’hui en totale décrépitude. Puis la Pitié, avec ses bâtiments début XIX siècle qui ont bien passé les époques.

Dans la continuité du secteur de santé initié par les docteurs Pinel, Esquirol, et surtout Charcot, cet hôpital est aujourd’hui un haut lieu de la recherche neurologique, avec la construction récente de l’ICM, institut du cerveau et de la moelle épinière.

Vous pourrez continuer votre balade dans le jardin des Plantes en face, jardin des herbes médicinales créé sous Louis XIII en 1626 sur la rive gauche de la Bièvre.

Accès libre ouvert au public en journée, 47 boulevard de l’hôpital Paris 13ème

Métro gare d’Austerlitz ou Saint Marcel

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