Passion cinoche – Rencontre avec Vincent Baticle

Rencontre avec Vincent Baticle, enseignant en cinéma et auteur du livre “Spielberg, filmer avec des yeux d’enfant”

Vincent Baticle, c’est un peu le petit Eliot d’E.T, le Marty de Retour vers le futur ou encore Spielberg, ce réalisateur surdoué qui, tout petit, filmait ses trains miniatures : un éternel gamin, dont le regard s’illumine devant un grand écran. Petites lunettes sur le nez, sourire avenant, le trentenaire met à l’aise et transmet sa passion du cinéma en un clin d’oeil.

Et ça tombe bien, sa passion, il en a fait son métier. Le Margnotin enseigne, anime des séances de cinéma (comme lors du dernier cinéculte au Majestic de Compiègne) et vient de sortir un petit livre intitulé “Spielberg, filmer avec des yeux d’enfant”. Rencontre.

Le rendez-vous est donné à la Médiathèque Jean Moulin de Margny-lès-Compiègne. C’est là que Vincent Baticle, le soir même, intervenait dans le cadre de la projection de l’effrayant -voire traumatisant – Dents de la Mer, de Steven Spielberg. Il m’attend, sourire aux lèvres, amusé à l’idée de revenir sur le parcours qui est le sien : celui d’un passionné de cinéma, qui a fait du grand écran son métier. A 36 ans, cet habitant de Margny-lès-Compiègne vient de sortir son premier livre : un guide pour les petits (mais aussi pour les grands) consacré à Steven Spielberg, le big boss des réalisateurs de blockbusters hollywoodiens. Entre E.T, la Liste de Schindler ou dernièrement Ready Player one, difficile de passer à côté de l’un de ses films qui ont marqué toute une génération. “Si on peut créer des vocations avec ce livre… Ou tout du moins encourager les jeunes générations à se pencher sur son œuvre, on aura réussi notre pari”.

Comme moi, et comme bien d’autres enfants des eighties, Vincent a été biberonné aux Goonies, Retour vers le Futur et autres Gremlins. “J’ai grandi en face du cinéma de Saint-Just-en-Chaussée. Il n’y avait qu’une seule salle mais ils diffusaient 2 ou 3 films par semaine. J’y passais mon temps, de la sixième à la terminale !”, explique Vincent. Une adolescence dans une salle obscure et plus d’une centaine de films vus : l’oeil s’aiguise, forcément, et la passion se forge. “Je me souviens qu’on est arrivés en retard, avec mon père, à la projection de Retour vers le Futur 2. Je me suis dis que c’était quand même dommage d’être à la bourre pour un film qui parle des voyages dans le temps”, s’amuse-t-il. Les films des années 90, et les blockbusters, Vincent va en faire sa spécialité. Les répliques de Doc et Marty, il les connait par coeur, quitte à en souler son entourage. A la fac de cinéma (qu’il entreprend après un diplôme d’ingénieur), il choisira en Master deux sujets d’études de recherche : Robert Zemeckis, le réalisateur de la trilogie Retour vers le futur, et Joe Dante, le papa de Guizmo et de ses potes un poils cinglés, les Gremlins. Il sort de la fac à 27 ans, diplômé mais pas vraiment sûr de pouvoir percer dans un milieu qui envoie certes des paillettes, mais qui reste très fermé.

Vincent abandonne le doctorat qu’il entame après son Master : il préfère enseigner, transmettre, plutôt que d’être dans la recherche. A Beauvais, il se rapproche de l’Université tous âges, une branche de l’Université de Picardie Jules Verne. Chaque mardi, pendant deux heures, il enseigne l’Histoire du cinéma aux étudiants. Et cette année, après s’être attaqué à la comédie musicale sur le grand écran, il fait la part belle au cinéma hollywoodien des années 80 et 90. Au programme, Steven Spielberg, ou comment un jeune autodidacte est devenu la figure tutélaire du cinéma hollywoodien de cette époque ; George Lucas, le plus important storyteller d’Hollywood ;  Joe Dante, ou la cinéphilie poussée à son paroxysme…

“J’enseigne également à la toute nouvelle école de cinéma de Tours. J’y suis allé au culot : j’ai vu un post Facebook annonçant la création de l’établissement, j’ai envoyé un mail en proposant mes services. Une semaine plus tard j’avais un rendez-vous ! Depuis que je suis indépendant, je n’hésite jamais. Il faut toujours tenter.”

Prochainement, Vincent Baticle animera un cycle de cinq conférences à la salle Saint-Nicolas de Compiègne, en collaboration avec l’Université dans la ville. Au menu : le cinéma soviétique, la Nouvelle Vague ou encore le nouvel Hollywood. Il intervient également dans les écoles, les lycées et propose des présentations de films, lors des séances du Ciné-Clap à Clermont, à l’ASCA à Beauvais et à la médiathèque de Margny-lès-compiègne. “J’adore transmettre ma passion. Ce que je préfère, lors des présentations de films, c’est lorsqu’on me dit après la projection : “Ah ça, je ne l’avais pas vu!” – C’est la preuve que j’ai bien fait mon boulot”.

Laisser un commentaire