Lulufripette, ou la fripe chic d’une chic fille de Compiègne qui avait décidé que « non » n’était pas une réponse acceptable.

Rencontre avec Hélène Mesleard, qui avait décidé que « non » n’était pas une réponse acceptable.

Hélène Mesleard est une débrouillarde. Elle chine, part à la recherche de jolis vêtements pour enfants et adultes, qu’elle met en état et revendait, jusque là, sur le marché de Compiègne. Depuis ce mois-ci, la chineuse en chef a ouvert sa boutique, « Lulufripette », rue de Pierrefonds. Une aventure semée d’embûches, mais pleine de persévérance qu’elle a racontée à notre rédactrice (qui en a profité pour faire quelques emplettes, forcément).

Derrière Lulufripette se cache Hélène Mesleard, une fille ravissante et toute fine, avec un goût exquis et de la suite dans les idées. Hélène, « vraie » Compiégnoise, voulait être ébéniste, mais elle était douée à l’école, alors elle a fait des études sérieuses. Elle a fait des études de commerce, qu’elle a réussies, mais dans lesquelles elle ne trouvait pas sa voie. Et puis un jour, son père lui parle d’une filière qui pourrait l’intéresser, une licence pro Commerce Antiquités et Brocante. Elle a déjà Bac + 5, mais qu’importe. S’ouvre alors un monde magique.

La vraie vie la rattrape. Elle décroche un super poste dans le secteur bancaire. Il faut bien vivre, et puis elle a déjà un enfant. Elle suit ensuite son mari aux États-Unis, où ils ont un deuxième enfant. La parenthèse américaine arrive à sa fin, ils rentrent à Compiègne, où Hélène souhaitait revenir. Elle reprend son poste à la banque, en région parisienne, mais la naissance du troisième lui fait décider de réduire son temps de travail, et aussi de revenir à ses rêves.

Alors elle décide de lancer Lulufripette, en vendant des vêtements d’occasion de belle facture qu’elle chine à droite et à gauche, pour enfant et pour femme. Elle réfléchit à la forme qu’elle souhaite donner au projet, et envisage l’ouverture d’un Fashion Truck, sur le concept du Food Truck, projet super funky, mais qui ne tiendra pas forcément la route. Hélène n’a pas qu’un joli visage avec des rêves plein la tête, elle a également une tête bien faite et un sens des réalités qui s’appuie sur les fameuses études sérieuses faites après le bac. Alors, prudente, elle décide de tester son concept de Lulufripette en commençant par un emplacement sur le marché, tout en continuant à travailler dans le secteur bancaire. « Le marché, c’est dur, c’est un milieu particulier, il ne faut pas se laisser décourager », explique-t-elle, « Il faut affronter les regards sceptiques des “vrais” vendeurs… Ça a été une grande aventure qui a duré deux ans ! »

Deux années qui lui ont permis surtout voir s’il y a une clientèle pour ses jolis vêtements chinés avec persévérance et motivation. Et elle est au rendez-vous. « J’adore ce métier, car on fait tellement de rencontres enrichissantes ! », lâche la chineuse en riant. Sa clientèle se compose d’un mélange hirsute de mamies nostalgiques, qui retrouvent des vêtements faits main comme ceux qu’elles portaient enfants, ou des styles dont elles ont paré leurs propres enfants, il y a ceux qui cherchent à réduire leur budget vestimentaire faute de moyens, des écolos qui veulent sauver le monde et contribuer au recyclage, et puis tout simplement, ceux qui trouvent que tout est beau sur son stand.

Forte désormais de la certitude que son concept plaît, et pas qu’à une poignée de proches, elle décide de se mettre à la recherche d’un local dans le centre-ville de Compiègne, pour que Lulufripette pose ses cartons et ses portants, et se mette à l’abri pour accueillir les Compiégnois. Mais c’est que ce n’est pas si simple, finalement, de trouver un local, dans un centre-ville où pourtant tant de vitrines sont closes ! « Trouver un local, c’est très compliqué, avoue l’entrepreneuse. Tu encaisses refus sur refus, la première fois, tu pleures toutes les larmes de ton corps, et puis tu repars, tu recommences et tu persévères ». Pendant un an, la situation ne se débloque pas et la boutique Lulufripette reste un rêve.  

Un jour, Hélène passe devant une vitrine close rue de Pierrefonds, qui n’a pas de numéro d’agence sur la fenêtre, mais tant pis, elle tente le coup. Elle contacte les propriétaires et leur demande s’ils veulent bien lui donner sa chance. Et là, tout s’enchaîne très vite. Les propriétaires acceptent de la rencontrer, de lui faire visiter le local, qui est, comme dans le conte de Boucles d’Or et les Trois Ours, ni trop grand, ni trop petit, parfaitement adapté à la taille de Lulufripette. Le bail est signé, et Hélène ouvre sa boutique le samedi 7 avril 2018, enfin !

Depuis, son planning est chargé : elle déballe ses cartons, réorganise frénétiquement sa vie de famille pour s’adapter aux nouveaux horaires (pas simple !), repasse les vêtements, décore la boutique, et accueille les clients qui bravent les averses pour venir chercher de jolies robes en Liberty. Pas de temps mort, mais la satisfaction d’avoir enfin touché au but.

Lulufripette – 19 rue de Pierrefonds 60200 Compiègne

Horaires d’ouverture : le mercredi matin de 9h à 12h, le jeudi de 14h à 18h, le vendredi et le samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h

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