« L’amour des hommes », quand les clichés s’inversent

Hier soir, c’était soirée-ciné. Et pas des moindres puisque nous avons assisté à la projection de « L’amour des hommes », qui marquait, en ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, l’ouverture du Festival Plurielles, organisé par le cinéma Majestic de Jaux.

Ce film nous a insufflé un vent de liberté (et pas mal de vitamine D puisqu’il se déroule à Tunis). Personnellement, il m’a même donné envie de sortir dans la rue et de prendre en photo n’importe quel passant. Le pitch ? Amel, jolie photographe tunisienne, perd l’homme de sa vie tragiquement.

Pour se remettre de ce deuil, elle se lance dans le travail. Son truc, c’est le portrait. Et bientôt, les portraits d’hommes, qu’elle choisit au hasard, au gré de ses rencontres. Des hommes qu’elle trouve beaux, des hommes qu’elle mange de l’objectif et des hommes qu’elle photographie avec une grande sensualité, voire même avec un désir palpable -sans pour autant franchir la barrière prédéfinie entre un photographe et son modèle.

Un rôle intéressant pour une femme, non ? S’il est courant de voir des modèles féminins poser de façon explicite, érotique et sensuel, l’inversion des rôles est moins établie. A travers son film, le réalisateur, Mehdi ben Attia, renverse les clichés. Ici, ce sont les hommes qu’on déshabille, ce sont eux encore qui ressentent de la gêne, voire de l’appréhension à l’idée de se dévoiler entièrement – corps et esprit compris. Amel est dans sa bulle, exerçant sa pratique sans aucune entrave morale. Quant aux hommes qui la suivent, ils se prennent au jeu de son désir à condition d’être seuls avec elle.

Mais la jeune femme se confronte constamment aux limites de cette liberté et des rapports hommes-femmes. Des rapports assez compliqués dans la société tunisienne mais qui, finalement, le sont tout autant en France et dans d’autres pays. Femme photographiant des hommes, Amel prend inévitablement le risque de devenir l’objet d’un désir dont elle ne veut pas.

Une ode à la liberté et à l’art que vous pourrez revoir le 15 mars à 16h30, au cinéma Majestic à Jaux dans le cadre du festival Plurielles.

Découvrez le programme du festival ici.

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