“Comme des garçons” – Chaussez vos crampons & découvrez la genèse du foot féminin

“Crampons nichons” ! Le cri de guerre des Filles de Reims, les épiques footballeuses sixties, résonne dans ma tête longtemps après la projection en avant-première du film “Comme des garçons”, diffusé au cinéma Majestic de Compiègne, samedi soir, dans le cadre du festival Plurielles.

Reims, 1969. Un journaliste du Champenois, Paul Coutard, beau gosse et surtout sûr de l’être, aussi insolent que sa mèche est rebelle, se voit contraint d’organiser l’événement phare de la kermesse annuelle du journal, en compagnie de la secrétaire de direction, la jolie – et très droite – Emmanuelle. Ce duo improbable va créer la première compet’ de foot féminin. Une absurdité en cette fin des années 1960. Une hérésie même, lorsqu’on entend les scientifiques bien renseignés de l’époque : la femme ne peut jouer au football, ses organes reproducteurs s’en trouveraient, forcément, endommagés. Vaste blague. Et pourtant, à cette époque, on y croit dur comme fer.

Le film de Julien Hallard – réalisateur inspiré de courts-métrages décapants tels que “People are strange” ou “Vinyl”- pointe du doigt cet univers du football français, réservé pendant longtemps aux mâles. Basé sur l’histoire vraie des “Filles de Reims”, le film est une ode à ces onze femmes qui se sont battues pour avoir le droit de jouer au football, comme leurs homologues masculins. Bravant les idées obscures de cette fin des années 1960, Paul et Emmanuelle, vont créer la première équipe de football féminin de France. Une France à la traîne sur l’Italie ou l’Angleterre, dont les fédérations de football avaient déjà accepté la création d’une équipe féminine quelques années auparavant.

On y croit : les décors, les fringues, tout y est, la France de Pompidou s’étale devant nos yeux. Le duo d’acteurs – Max Boulbil, hilarant et son acolyte Vanessa Guide, charmante – fonctionne à merveille. Mais ce sont les 10 autres joueuses qui font l’énergie et le comique de ce film : féminines, dures à cuire, impétueuses, mais aussi touchantes, drôles et parfois touchantes, elles portent le film de Julien Hallard.

Alors qu’aujourd’hui, et plus encore qu’hier, les droits des femmes sont mis en lumière, “Comme des garçons” a toute sa place dans la liste des films à voir. On rit, on applaudit intérieurement, et on a presque envie de chausser les crampons.

Dans la salle, toute l’équipe féminine du club de foot de Chevrières-Grandfresnoy était présente : une occasion pour les jeunes joueuses de découvrir que d’autres, avant elles, ont dû se battre pour pouvoir afficher leurs couleurs sur un terrain de foot. Un joli moment.

→ Sortie nationale le 25 avril 2018 

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