Corot, le peintre et ses modèles

Habituellement connu pour ses paysages, l’exposition “Corot, le peintre et ses modèles”, jusqu’au 8 juillet au Musée Marmottan, nous dévoile un Corot, artiste des figures avec des œuvres jamais prévues pour être exposées, mais plutôt des études pour animer ses paysages.

Né en 1796, il « vit entre 2 tendances », post-réaliste et pré-impressionniste, ce qui nous aide à comprendre l’ingéniosité de sa peinture.

A partir de 1830, Corot représente ses proches comme le photographe du moment, sa mère, ses nièces, son ami…. Il peint sur fond neutre, sans théâtralité, contrairement à ses prédécesseurs comme Ingres. On remarquera particulièrement le portrait de la petite Sennegon. Le fond est comme un rideau de photographe justement. Si paysage il y a, il est minimaliste. Toutes ces œuvres magnifiquement encadrées restent dans la sphère privée et sont destinées à être offertes. La nouveauté est que rien ne vient polluer le sujet-portrait.

ARRÊT SUR UNE ŒUVRE

« La femme à la perle », tout de gris ocre blanc en opposition au noir du châle, j’y ai même vu des diamants virtuels plein les cheveux provoqués par l’éclairage sur le verre au niveau d’une chevelure accentuée en gouache autour du visage. Et ses mains ! Ne vous fait-elle pas penser à La Joconde de Léonard de Vinci ?

Quel contraste avec « La Bacchante à la panthère » qui nous saute aux yeux. Un nu, un enfant, un animal sauvage dans la nature ! Bizarre, gênant, érotique ?

Corot s’affirme comme peintre alliant paysage et humain en exposant « Le repos » au Salon annuel de 1861. C’est l’association de « Marietta » avec toute son expressivité et d’un paysage d’inspiration vénitienne s’approchant des techniques de l’impressionnisme. Toujours en trait-d’union des tendances.

L’utilisation des ocre-gris-blanc se retrouvent chez les moines  « Le moine blanc, assis, lisant ». La géométrie du drapé de la chasuble nous donne l’impression de sculptures.

En fin de vie, Corot semble conclure et peint son atelier, ses tableaux et son modèle qu’il place à sa place au chevalet. Corot médite sur son art. Il se répète mais introduit de subtiles variations. Jouez au jeu des différences.

Enfin, le clou de l’exposition, « La dame en bleu » réunissant toute son œuvre : son atelier, son modèle favori Emma cette fois-ci habillée d’une robe contemporaine au magnifique drapé de couleur bleue. C’est la conclusion de sa vie, tout y est. Bleu, couleur de la séparation ! Corot meurt un an après.

Seul en salle, « Tivoli les jardins de la Villa d’Este » est un clin d’œil au peintre alliant paysage dont la technique quitte le réalisme (on voit déjà certains contours un peu flous), et un personnage certes petit, mais central… Dès l’introduction de cette exposition, on est averti que Corot n’était pas que « peintre des paysages ».

Exposition « Corot, le peintre et ses modèles » jusqu’au 8 juillet au musée MARMOTTAN MONET
2 rue Louis Boilly Paris 16ème

Métro ligne 9, station La Muette

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